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Candy Crush Saga: le game gratuit qui crash ton esprit

Il y a une semaine, j’ai pris le train à l’heure de pointe. L’heure où ça sent le graillon et les dessous de bras, celle où les ouvriers du tertiaire rentrent du turbin après une journée vide de sens mais pleine de céphalées. Rien d’étrange jusqu’ici.  Mais quel fut mon étonnement lorsque je scrutai attentivement les rangés bondées de la rame pour me trouver une petite place douillette.

Des têtes sans visages, toutes rivées sur leur écran: Iphone, Samsung Galaxy, Windows phone (Non je rigole… Pour le Windows phone).

Cherchant une place désespérément, je vis une place libre dans un box de 6, je m’approcha avec précaution et fut confronté à une sorte de barrage à l’entrée. Personne ne s’aperçut de ma présence, ils caressaient tous leur écran avec l’index et semblaient y ressentir une sorte de plaisir jubilatoire, l’analogie masturbatoire est facile mais semble ne pas être si éloignée de la réalité, ils prenaient leur pied.

En forçant le passage, je réussis à me frayer un chemin « Pardon », « Excusez-moi »…Pas un regard ! Ce n’était pas le mépris mais juste l’indifférence au monde extérieur.

Ces 5 personnes situées à quelques centimètres les unes des autres étaient chacune dans leur bulle. Le Geek à lunette, la secrétaire de direction, l’étudiant en STAPS, la cadre sup et le garçon coiffeur, cette brochette socialement hétéroclite s’adonnait à la même activité sans même y prêter attention.

Ils jouaient toutes et tous à Candy Crush. (Comment je le sais ? Des écrans avec des bonbons roses, jaunes, verts à perte de vue)

Candy Crush ! Hallucinant tout de même… Sur un box de 6, on était 6 à avoir un smartphone (Le pouvoir d’achat se réduit mais l’équipement technologique ne cesse de grimper. A la fin de 2013, on devrait  quasiment atteindre les 50% de la population équipée de smartphones) et surtout 5 d’entre nous jouaient en même temps au même jeu. Simple coïncidence ? Je ne crois pas !

Candy Crush Saga serait donc un fait de société à l’instar de l’affaire Léonarda ? Tout le monde en parle, tout le monde suit mais pour Candy Crush, c’est à l’échelle mondiale !

En effet, le jeu développé par l’entreprise britannique King a progressivement empoisonné vos time lines Facebook et les smartphones de vos proches. (plus de 130 millions d’usagers à travers le monde et 4 millions en France)

En s’appuyant sur des règles simples, accessibles à tous: des bonbons sont placés aléatoirement sur une grille, à vous de les déplacer pour en aligner 3 et parvenir à supprimer une ligne.

En gros, une sorte de Tetris pour les nuls couplé à un puissance 4 pour les nœud-nœuds.

Ce jeu qui était destiné à la petite enfance semble étrangement plaire aux plus grands.

Un passe-temps anodin mais qui rapporte gros. Ce jeu sans véritable fin, sans  réelle gradation de difficulté ni objectif permet à l’entreprise King d’engranger près de 700 000 euros de bénéfices par jour. Voilà le prix de la dépendance et de la carie intellectuelle.

Car au-delà du jeu, il semble clair que Candy Crush est un échappatoire, une manière efficace de décrocher d’une vie parfois trop prenante et trop stressante. En cherchant à fuir le monde réel, on ne fait plus face à ses responsabilités et on préfère vivre toujours plus longtemps dans cet univers doux et acidulé que symbolise, Candy Crush.

C’est un idéal fantasmé, confortable, plaisant… Mais qui n’existe pas.

Le problème réside dans le fait de croire que jouer à ce jeu, nous rend heureux. Car il est très facile de tomber dans ce cercle vicieux et de s’enfermer dans cette boucle sans fin où les bisounours s’accouplent avec les télétubbies.

Il y a quelques jours, l’association américaine de psychiatrie a réclamé très sérieusement que le phénomène Candy Crush Saga soit élevé au rang d’épidémie nationale aux Etats-Unis. Elle  demande à ce qu’une cellule de crise virtuelle soit mise en place.

Cela peut paraître disproportionné mais pourquoi pas…Car lorsque l’image de ces 5 têtes sans visage me revient, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond.

L’entreprise King et son jeu Candy Crush n’est qu’une couronne sur une dent pourrie. Il faut soigner le mal à la racine et se poser les bonnes questions.

Est-il normal dans une société dite évoluée que des millions d’ hommes et de femmes perdent leur temps dans une activité si futile et sans intérêt ? Quel réconfort trouve-t-on dans l’alignement de 3 bonbons de la même couleur ?

De prime abord, ce sujet semble complètement ridicule et sans importance mais lorsqu’un phénomène touche près de 130 millions de personnes et consiste à occuper un temps de cerveau disponible qui pourrait se compter en année, il n’est jamais idiot de s’interroger.

Faut-il attendre en France des titres de journaux racoleurs du genre :

  • J’ai quitté ma femme pour Candy Crush ?
  • J’ai perdu mon boulot à cause de Candy Crush ?
  • Candy Crush m’a tué ?

Onthehook vous en parle et tire la sonnette d’alarme car un de nos lecteurs est tombé dans cette spirale infernale. Peut-être le premier cas français avéré d’addiction aux friandises qui explosent.

Cette personne a perdu tout sens des réalités, Candy Crush a crashé sa vie… Comme celles de nombreux américains.

 




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