chauffeur de salle

Chauffeur, c’est un salle métier

 

métier de la télévision chauffeur de la salle

Qu’est ce qu’un chauffeur ? Pour la majorité des personnes interrogées, c’est celui qui conduit un véhicule d’un point A à un point B. Cette première définition est exacte. Mais pour moi, c’est surtout celui qui chauffe la place des autres avant qu’ils arrivent…Et par « place », il faut en avoir une acception large.

Lorsque je vais aux chiottes, je déteste que la lunette soit froide. J’appelle alors chauffeur, celui qui a eu la bonne idée de passer avant moi, surtout lorsqu’il n’a pas oublié de mettre du « tue la mort » ou qu’il n’a pas exhumé un cadavre tout frais moulu de son gros intestin.

Je peux aussi surnommer chauffeur, celui qui en soirée fait monter en température les filles, les amuse, leur fait un brin de causette et me laisse conclure à sa place. En terme équestre, on parle de boute-en-train. Malgré leur sens de l’humour, on peut imaginer que cette situation n’a rien de drôle.

Mais un chauffeur c’est aussi celui qui te donne le signale pour rire, applaudir, huer, chanter durant les émissions télé…Comme si le spectacle n’était pas suffisant pour créer l’émotion attendue.

Prenons l’exemple de l’applaudissement. C’est un geste servant de substitut au langage, il remplace les mots « Formidable », « Exceptionnel », « Bravo », « Génial »….L’équivalent d’un « I like » sur Facebook. Il exprime un sentiment naturel positif. En encourageant un tel comportement, le chauffeur véhicule une certaine idée de la réalité et la travestit.

Le chauffeur ou chauffeur de salle use de différentes techniques pour arriver à ses fins. Peu importe que les sentiments exprimés par le public soient sincères ou feints. Il crée une ambiance, une atmosphère. Il impose au public une attitude. Le chauffeur devient un acteur à part entière du « spectacle » et il est souvent la planche de salut  lorsque ce dernier est de piètre qualité.

Depuis les années 80, cette fonction est devenue quasi indispensable dans le pâturage audiovisuel. L’influence du public en plateau est inimaginable, elle est de l’ordre du subliminal. Elle labellise une « performance artistique » pour le public derrière sa télé. Elle incite, elle pousse à l’émotion.

Nous, les individus derrière notre écran sommes sensibles à l’image projetée. Un tonnerre d’applaudissements, des sourires éclatants, des rires en cascade (une pute aux gros seins derrière l’animateur) sont des éléments significatifs influant sur notre perception d’un « spectacle ».

Cependant, sommes-nous aussi crédules ? Ne voyons-nous pas cette mascarade ? Car les individus que l’on appelle « public » ne sont que des pantins désarticulés répondant aux instructions d’un marionnettiste.

Nous connaissons les ficelles mais on ne les remarque plus malheureusement.

Le téléspectateur est un Homme lambda, c’est un suiveur, un mouton qui marche en troupeau de peur de s’égarer. Il emboîte scrupuleusement les pas du mouton qui le précède ou de celui qui a la plus belle toison.

Pour le quidam cathodique, le public en plateau symbolise inconsciemment l’exemple à suivre, le comportement à adopter.

Dans cette histoire, le chauffeur est  notre berger. Pour les plus moutons d’entre nous, il faudra faire attention car le chauffeur nous conduit sur une voie inquiétante à la croisée de « l’ordre commun » et de la pensée unique.

C’est pourquoi je dis haut et clair : « Halte à la transhumance et aux chiottes les chauffeurs !!! »

 

PS: j’espère que les chauffeurs de salle ne m’en voudront pas. Demain je m’attaquerai aux proxénètes !




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