le_jeu_des_petits_chevaux

Des petits chevaux au cheval, il n’ y a qu’ un pas

jeu de société

Combien d’heures, j’ai passé à jouer aux petits chevaux ??? Ça doit surement se compter en jours plutôt !

Petit, pour moi ce jeu était dément. A deux, trois ou quatre, on pouvait y jouer des heures. Les petits chevaux, c’est la vie ! Une course effrénée vers la ligne d’arrivée.

Un jeu d’une simplicité déconcertante. Mais je me demande ” le bonheur n’est-il pas dans les choses simples finalement ? “

Oui, cette période, c’était le bonheur. En reprenant les mots d’Omar Sharif « ce jeu m’a tuer », non, non, c’était pas de lui, ça. Je voulais dire les petits chevaux, c’était mon dada.

Aujourd’hui, lorsque je vais dans le grenier et que je regarde cette petite boîte de carton écornée, déchirée et surmontée d’un drap de poussière, certaines images me reviennent. Des engueulades, des cris mais surtout de la joie, des rires et des sourires édentés.

A cette époque, les choses étaient simples. Notre bonheur se résumait à se retrouver après les cours autour de cette petite boite de carton que l’on déballait à tout allure pour mettre en place les petits chevaux sur leur plateau.

Je ne dis pas qu’il n’y avait jamais aucun problème. Il est vrai que régulièrement des querelles explosaient : « Je veux les Bleus », « Non c’est moi, c’est ma couleur préférée », « Prends les rouges plutôt », « Je ne veux pas les verts, ils ressemblent à des crottes de nez » etc….

Mais c’était bon enfant, quand j’y réfléchis, c’était un peu les seules raisons pour lesquelles, on se mettait sur la « gueule » mes potes et moi. Des couleurs de chevaux !

Pas d’opinion politique « Tu coupes 4 parts de Papy Brossard ». Pas d’impératif « Dernière partie, sinon je vais me faire enguirlander par mes parents». Pas de meufs « je ne peux pas venir, je suis privé de sortie ». Pas de portables « UN…DEUX…UN…DEUX, allumez vos talkie-walkie ».

Bref, la vision de cette boite, fait ressurgir de nombreux souvenirs, une période de vie formidable, remplie d’insouciance, de relations vraies et simples. Ça fout un peu le cafard.

Voilà ce que c’est pour moi les petits chevaux. Pourquoi avoir choisi des chevaux ? Pourquoi pas des chiens ou des chats ? En fait, ce jeu aurait pu marcher avec n’importe quel animal.

Mais le cheval, c’est bien. C’est un animal noble qui a toujours été l’ami de l’homme. On peut même voir entre l’homme et le cheval certains points communs.

J’ai entendu que certains hommes parlaient à l’oreille des chevaux. Pour ma part, j’ai déjà parlé à l’oreille de pouliches et elles sont assez réceptives.

Les chevaux et les hommes sont-ils si différents ? Combien de fois j’ai entendu dire « c’est une jolie pouliche », « elle a une tête de cheval », « c’est un étalon », « quel bourrin !!! », « je la monterai bien » etc… Je vous en passe et des meilleurs.

L’Homme se voit donc sous les traits du cheval.

Pour prolonger la comparaison, je vais partager avec vous une théorie, celle que l’homme est un cheval à deux pattes.

Vous allez voir, pour moi le monde est  divisé en trois catégories : l’étalon, le  boute-en-train et le bourrin.

En effet, cette classification peut paraître réductrice mais elle donne une vision assez claire de l’humanité chevaline.

L’étalon, c’est le créateur, l’artiste, celui qui réussit, il est au sommet de la pyramide, il est choyer, il est bien-né.

Le boute-en-train, lui, rêve d’être un étalon, mais il n’a pas les prédispositions nécessaires. Faute à une nature peu généreuse. Il est dans un entre-deux. C’est un ersatz d’étalon mais pas un bourrin.

Le bourrin quant à lui, n’a aucune finesse ni noblesse. Conscient de sa situation, il ne nourrit aucun espoir de transcender sa nature. Il est bourrin et restera bourrin. Bourrin un jour, bourrin toujours comme on dit.

Ces 3 catégories de chevaux traversent le parcours à leur train, à leur allure : l’étalon au galop, le boute-en-train au trot et le bourrin au pas.

Dans cette course qu’est la vie, le tout est de ne pas se dérober devant les obstacles mais de les sauter avec fougue les uns après les autres, sans trembler, sans chuter.

Voilà peut-être pourquoi inconsciemment, on aimait tant jouer aux petits chevaux.

C’était un avant-gout, une répétition.

Une manière de préparer nos vies d’homme, à cheval entre nos rêves d’enfant et la réalité de la vie d’adulte.