toute la pluie tombe sur moi

Je te fuis, pluie me suit…

pluie localisée

C’est un de ces week-ends comme on en rêve. Je regarde par la fenêtre, pas un nuage, un ciel bleu azur et des rayons de soleils pénétrants à te faire rougir la peau, à te réchauffer le cœur, à te pousser hors de chez toi…

Mais étrangement, je ne sais par quel miracle dès que je mis le pied hors de mon « chez moi », le ciel commença à s’assombrir, puis à déverser son trop plein de mauvaise humeur.

Je me suis retrouvé trempé, mouillé de la tête aux pieds.

Micro-climat ? Averse localisée ? Ou juste poisse ?

Peu importe, un putain de crachin est venu me gifler la ganache sans discontinuer et rien ne pouvait laisser présager ça !

Naïf, j’avais baissé ma garde, je m’étais découvert.  J’avais cru aux prémisses de cette saison estivale, celle du temps des cerises, des corps chauds, de la cueillette et du rouge aux lèvres !

Mais que nenni ! Mirage ! Cherchant à éviter les gouttes qui me mitraillaient à feu nourri…Rassasié de ces pépins, de ces noyaux tombés du ciel, je cherchais à m’abriter.

Transpercé de toute part, il me fallait un refuge et comme souvent, je trouva ma solitude…

J’avais beau regarder les autres, tous semblaient profiter de ce redoux aperçu par ma fenêtre quelques minutes plus tôt. Pourquoi cela m’était-il interdit ? Les autres se promenaient l’air de rien, l’air léger comme si le ciel n’était point le même pour eux.

Pourquoi une telle persécution ? Je n’en ai aucune idée, mais une chose était sure, toute cette pluie tombait sur moi et rien que sur moi. Outre son caractère localisé, elle avait quelque chose d’ inhabituelle. Cette pluie était salée comme si le ciel pleurait à chaude larmes.

Était-ce un juste retour des choses ? La punition céleste pour toutes ces rencontres qui s’ étaient transformées en petites averses puis en grandes dépressions ?

Car à vrai dire, cette pluie qui me traversait, qui me plombait, ne venait peut être pas des cieux mais plutôt de leurs yeux. Leurs larmes étaient devenues de véritables armes sur moi, rien que sur moi… Trop souvent j’avais été spectateur passif de déluges, de nuages noirs et menaçants, de tonnerres qui grondent jusqu’aux flots ininterrompus de leurs jolies prunelles.

Et aujourd’hui, face à ces intempéries, je l’avoue, je suis désarmé, sans « toi » ni plancher. Je prends l’eau de toute part, je perds pieds, je me noie dans leurs chagrins…

Espérons qu’après la pluie vienne le beau temps ou encore le bon temps car bien que ma volonté soit inusable,  mon âme est  loin d’être imperméable.

 

Texte inspiré par Sacha Distel :

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