dictionnaire-le-petit-robert

O grand Robert

O grand Robert

O grand Robert, vous avez longtemps été pour moi un livre de chevet comme la bible peut l’être pour certains. Commencer votre lecture c’est  entrer en religion et se soumettre aveuglément à vos préceptes. Foi, rédemption et miséricorde comme seul credo.

O grand Robert, pardonnez-moi car j’ai péché, il m’arrive encore d’avoir une orthographe maladroite souvent joueuse parfois téméraire.

Mais comme vous le répétez : « Que celui qui n’a pas fauté me jette la première pierre ».

Ce n’est aucunement la volonté de vous nuire qui me pousse à ces quelques entorses mais plutôt la multitude de choix que vous m’offrez. Ce merveilleux champ des possibles où je cultive pêle-mêle égocentrisme et altérité, où fleurissent joie et douleur. Je récolte ici et là les fruits de votre enseignement, paix de l’esprit, repos de l’âme, embellie du cœur.

O grand Robert que vous êtes grand.

Je vous dois tout. Mes amis, mes amours et plus rarement mes emmerdes.

Je me souviens, durant ma jeunesse mes parents m’ont confié à vous sans aucune crainte. Chaque soir avant que le marchand de sable passe, vous me teniez compagnie. Je parcourais avec vous  2 à 3 pages des trésors que vous aimiez partager avec moi. Des trésors dont peu ont conscience. Aussi grand que vous soyez, vous n’êtes que papier et encre finalement.

Néanmoins, vos lettres, vos mots, vos expressions sont mes plus belles richesses puisqu’ils sont ce que je suis. Ils sont le reflet de mon âme, les liens invisibles que je tisse, les vaisseaux de mes sentiments.

Aujourd’hui à regret, je vois votre église désertée. Vos apôtres se font de plus en plus rares. Vos prêtres de moins en moins pédophiles. Ils musardent dans les centres gériatriques.

Votre rayonnement décline O grand Robert.

Je vois vos fidèles vous tourner le dos. Vos trésors devenir ruine. Votre royaume, poussière.

Vous n’avez pas su vous adapter aux évolutions, au temps qui court. Vos valeurs, vos lois ne sont que lettres mortes. Vos maux ? Rigueur, rigidité, archaïsme… Vous êtes ancré dans un passé bien trop lointain, vous n’êtes plus l’idole d’antan mais juste la relique d’une époque surannée.

Pour les jeunes générations vous êtes synonyme d’ennui et de temps perdu. L’ombre d’une garde réactionnaire peu compatible aux désirs et nécessités actuels.

Bien que peu flatteur, ce constat est réaliste. O grand Robert votre règne n’est plus.

Nonobstant cette regrettable situation, je voulais vous rendre hommage, en tant que fidèle dévot intermittent.

Sans vous faire offense, O grand Robert, je dois vous confesser que les mots me manquent pour exprimer tout mon amour et a quel point, je vous suis redevable.

J’ai encore foi en vous et je suis prêt à vous accompagner durant ce long chemin de croix.

Je prends donc aujourd’hui, l’engagement de prêcher votre parole toute ma vie même si je la bégaie quelque peu.

Bien à vous, je vous salue bien haut Robert.



Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre

Les commentaires sont clos.