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Où es-tu Pippo Inzaghi ? : La fin du renard des surfaces.

 

La beauté du football est dans l'efficacité

La beauté du football est dans l’efficacité

Vous croyez  sincèrement que je me pose la question de savoir où se trouve Pippo Inzaghi ? L’archétype de l’opportunisme hideux et de l’efficacité coupable. Pas vraiment. Mais c’est en étant médusé par la médiocrité des attaquants français devant le but que l’image de Filippo Inzaghi m’est revenue brutalement en tête. Comment faisait-il ce mec à la technique peu assurée et au corps chétif  pour faire trembler les filets si souvent ? Comment pouvait-il déjouer le marquage de défenseurs habiles et chevronnés ? 

Il symbolisait parfaitement la notion d’attaquant de métier, pour lui attaquant n’était pas la dénomination de son poste mais c’était véritablement son métier. Pire encore c’était dans son ADN, il se levait et se couchait avec cette idée en tête, MARQUER. Le but était une fin en soi, une obsession, objet de ses plus grandes joies comme de ses plus grandes peines.

Filippo inzaghi serial buteur

Comment j’ai fait pour marquer ce but ?

Malgré des qualités intrinsèques modestes : Une puissance physique très relative, une brise pouvait le faire tomber. Une vitesse non excessive mais une qualité de sprinteur indéniable dans les six derniers mètres. Une frappe de balle insignifiante, une sorte de pétard mouillé qui faisait mouche à chaque coup. Un jeu de tête qui ne laissera pas de souvenirs impérissables mais qui faisait cauchemarder toutes les défenses. Il avait le chic pour se trouver souvent à la tombée des ballons.

Des caractéristiques de footballeurs en dessous de la moyenne qu’il compensait avec un esprit de gagneur et de combattant … Dans la surface, lorsqu’il fallait se battre pour un ballon, il n’était pas le dernier par terre. Incapable de porter la balle, de dribbler ou d’effectuer des passes lumineuses, Pippo laissait le plus souvent son équipe à 10 pour pouvoir mieux exprimer son talent de soliste. Car avec Pippo, on perdait à 10 mais il pouvait renverser un match à lui tout seul et à tout moment.

La glissade d’un défenseur, une balle qui traîne, il ne fallait rien lui laisser. Le geste technique, c’était pour les autres, Pippo ne faisait pas de chichi lorsqu’un ballon se présentait, il mettait tous les moyens à sa portée pour scorer : tibia, genou, épaule, phalange tout était bon pour ce cochon de Pippo.

Qui peut oublier ses fameux contrôles malléole frappe enchaînée du pointard qui filait sous le ventre des gardiens.

A l’image dont il fêtait chacun de ses buts, on avait l’impression de quelque chose de rare, d’un petit miracle. Mais nous avions tort :

Super Pippo c’est 316 buts dans sa carrière, dont 73 sur la scène européenne.

Jetez un coup d’œil sur l’ensemble des buts de Monsieur Inzaghi sous le maillot du Milan AC , c’est simplement magique :

 

On le voyait bien, Pippo était un de ses rares joueurs à aimer profondément le foot et le ballon rond, le lui rendait bien… Plaisir, extase, reconnaissance, argent, femmes.

 

Pippo et sa compagne

Pippo, le renard mais pas que des surfaces…

En effet, dans un football toujours plus physique et rapide, Super Pippo a su tirer son épingle du jeu avec des capacités physiques limitées et un talent footballistique quelconque. Le natif de Piacenza a réussi à conquérir le monde du football et gagner les plus beaux trophées. (Il a quasiment tout gagné sauf le championnat d’Europe où il échoua en finale avec la Squadra Azzura en 2000)

Jolie leçon de vie … Diplômé de comptabilité Filippo Inzaghi n’a jamais cessé de compter ses buts pendant près de 21 ans de carrière. El Predatore a terminé quatrième buteur de l’histoire du football italien derrière Silvio Piola (364 buts), Giuseppe Meazza (338 buts) et Roberto Baggio (318 buts).

Souvent sous-estimé, détesté, décrié, raillé, l’aîné de la fratrie des Inzaghi a marqué le football moderne de part sa ruse et son intelligence. Car on peut penser ce que l’on veut, ce pantin désarticulé avait développé un sens du but hors du commun.

Avec la retraite de Pippo lors de la saison de 2011-2012, c’est le profil même de renard des surfaces qui s’est éteint, la race des opportunistes compulsifs qui disparait.

Actuellement, les attaquants sont plus forts physiquement, plus techniques, savent dribbler, passer, effacer un adversaire mais ils sont devenus terriblement inefficaces.

Je ne pensais jamais dire ça un jour mais au regard du manque de qualité devant les buts du monde entier, la science de Super Pippo nous manque…

 

Les 10 plus beaux buts de Filippo Inzaghi enfin la beauté est subjective :

Ps: Pour répondre à la question du titre, Pippo entraîne aujourd’hui l’équipe des -21 ans du Milan AC

 

Petit update : depuis le 9 juin 2014, Pippo Inzaghi a succédé à son ancien coéquipier Clarence Seedorf à la tête d’un Milan AC qui a perdu de son lustre d’antan.